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27.06.2006
Un problème de cohérence
Merci à Jean-François et à Cratyle pour leurs commentaires.
Vous avez tout-à-fait saisi, je suis dans une phase de doute. Cependant dans le fonds, je crois que mes idées restent proches de la gauche socialiste. Le problème est de savoir où se situent les socialistes précisément. Ce qui me gêne, ce ne sont pas les clivages ou les courants. Il est tout-à-fait normal que des voix dissonantes s’élèvent au sein d’un parti, c’est la logique démocratique interne et cela contribue au renouvellement d’idées. Mais le temps de la remise en question est révolu, il est urgent pour le PS de se donner une ligne claire. Or, on sent bien qu’il n’y parvient pas, du moins pas sur certaines questions comme celle de l’intégration Européenne (un domaine qui revêt pourtant toute son importance!). Au sujet de l’Europe justement, l’UDF marque un point, celui de la cohérence.
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Commentaires
Peut-être ne serons-nous pas d'accord, mais je ne vois pas comment vous pouvez dire que vos idées sont proches de celles du PS si le PS n'a plus d'identité profonde, de valeurs, de projet au-delà d'habitudes et de mots sans réalité. A la limite, les 'socialistes' pourraient essayer de se positionner à peu près clairement par rapport à leurs dix courants réels. Mais on n'entend la plupart du temps que des positionnements par rapport à des personnes et non par rapport à des idées, d'où ce que les 'socialistes' appellent un programme et n'est que dérisoire par rapport à la richesse de notre propre travail. Je vous propose une chose simple: dites-moi quelles sont vos idées et je vous dirai si vous êtes proche de l'UDF ou pas sur tel ou tel point.
Si j'insiste, c'est parce qu'il y a en ce moment, à Paris (j'en suis) pas mal d'anciens proches du PS ou de la gauche (verte, radicale...) qui viennent chez nous; non qu'ils aient changé d'idées, mais parce que le PS a changé, et bien sûr l'UDF aussi. La difficulté principale, là-dedans, une fois qu'on s'est rendu compte que ses idées sont plus proches de celles de l'UDF que de celles du PS, c'est de franchir la frontière installée par les habitudes entre l'ancienne gauche et l'ancienne droite, même si ces mots n'ont plus le même sens aujourd'hui. Pour nous, centristes de toute origine, le travail d'émancipation, de franchissement des frontières, de liberté intellectuelle est fait, à quelques exceptions archaïques près, mais je mentirais en disant que c'est facile.
Il est plus simple de partir des idées. Vous parliez d'Europe. Le PS n'est plus vraiment européen (il n'y a qu'à voir ce que propose Royal, sans même parler des Fabius et autres). Nous sommes toujours fédéralistes. Etes-vous favorable à une Europe intégrée, comme l'ont été longtemps les socialistes? Aujourd'hui, cette idée n'est plus défendue correctement par le PS.
On pourrait faire de même avec des valeurs - la générosité, le social, etc - que les socialistes ont longtemps prétendu défendre et qui sont mieux représentées par nous que par eux. Je vous invite à vous informer.
Le plus simple, si vous hésitez, serait de lire les documents du site de l'UDF, à commencer par les discours de Françis Bayrou, venir discuter de ce qui vous préoccupe, ou boire un verre, car je crois que la discussion passe aussi par des personnes. A votre disposition en tout cas pour vous informer.
Au passage, si vous êtes enseignante, nous avons à l'UDF un très grand nombre d'enseignants (dont moi-même), sans doute plus en proportion qu'au PS, qui depuis Allègre notamment semble avoir perdu une bonne partie de ses plus vieilles positions, alors que nous restons bien plus attachés à l'éducation.
Ecrit par : Cratyle | 05.07.2006

